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Paris,

le 27 mars, 2016

Je n’étais pas tout à fait sûr de qui était Alexandre Bellenger lorsque je l’ai interviewé. Je venais de le rencontrer au Salon de l’autoédition anti-Aufklärung, créé par Olivier Nourisson et que je co-organisais. Alexandre exposait ses zines et performait avec Romaric Sobac, qui est peut-être le performeur le plus bizarre qui soit. Comme la foire était encore calme un matin, nous sommes sortis du Point éphémère et avons fait une petite interview en extérieur, face au canal Saint-Martin.
Bonjour, bonjour ! Comment vas-tu ?

Je vais très bien.

Peux-tu commencer par te présenter ?

Je m’appelle Alexandre Bellenger, je fais de la musique, je fais des peintures, des films, des magazines, des photos… Je travaille dans les domaines de la musique improvisée, de la mode… Donc, je fais de la musique, je fais des films. En ce moment, je fais un film en série très long pour lequel je poste sur Instagram des vidéos de 15 secondes. Et elles sont comme une sorte de running gag moderne, dansant et clownesque. Je fais beaucoup de choses comme ça en ce moment. Je fais quelques peintures, quelques collages, des concerts et je fais aussi un magazine, et c’est pourquoi je suis présent à Anti-Aufklärung.

Tu peux nous parler de tes publications et de ce qu’on peut y trouver ?

Ma publication, donc, le nom est My Precious Trash. Je fais ça depuis 1998. Elle ne s’appelait pas comme ça au tout début, mais finalement, le nom définitif est My Precious Trash. Donc, je fais ça depuis 1998, et il y a eu, jusqu’à présent, 14 numéros, et… Que te dire d’autre ? C’est sur… C’est sur n’importe quoi, c’est juste sur mon… livre du moment. Cela peut être un collage, une peinture, des morceaux de papier que j’ai trouvés, une poésie que j’ai écrite, ou des collaborations avec d’autres artistes. Cela peut être des photos… Enfin, en quelque sorte. Oui, c’est ça.

Pourquoi est-ce que tu fais ça ?

Pourquoi est-ce que je fais ça ? Plutôt que « pourquoi », je dirais « comment ». J’ai commencé parce que j’ai eu accès à une photocopieuse que je pouvais utiliser autant que je le voulais, il y a environ 20 ans. Et c’était en noir et blanc à l’époque et, eh bien, j’ai pensé : « Puisque il y a cette machine… » Je faisais déjà des collages et d’autres choses, alors je me suis dit : « Peut-être que c’est intéressant d’utiliser la machine ou quelque chose comme ça. » Alors j’ai commencé à photocopier des trucs et à les agrafer ensemble. Et puis j’ai commencé à distribuer le magazine dans les endroits où je faisais des concerts ou dans des endroits que j’aime, comme des magasins de disques ou des choses comme ça. Et il a été distribué chez Colette, la célèbre boutique Colette, il y a environ 15 ans, et dans des boutiques de Londres liées à l’art, la musique ou la mode. Et pourquoi est-ce que je fais ça ? Parce que, eh bien, je suppose que je trouve du plaisir à le faire, et l’autre chose qui est ma première motivation, c’est que j’aime faire des choses et les partager avec les gens.

Et comment ça se passe au Salon jusqu’à présent ?

Jusqu’à présent, le Salon est très sympa pour parler aux gens et échanger avec les autres exposants, et aussi pour rencontrer des personnes qui viennent simplement visiter. Et j’ai eu la chance hier de faire aussi une performance.

C’était ma prochaine question ! Je voulais en savoir plus sur le texte que tu as lu.

Oui, avec mon collègue Sobac Mortificatore. Nous sommes aussi collègues depuis environ 20 ans ou quelque chose comme ça. Donc, oui, nous avons fait quelque chose hier, et normalement, je jouerais de la guitare, de la guitare électrique, ou quelque chose comme ça, mais il n’y avait pas d’ampli pour moi - enfin, il y avait un micro. Et donc, hier matin, j’ai pensé : « Bon, avec le micro… ». Je vais faire quelque chose que je n’ai jamais fait. Ça revient aussi à quelque chose que tu as demandé tout à l’heure, c’est-à-dire que j’aime l’aspect de la prise de risque dans ce que je fais en général. Hier, j’ai donc pris le risque de faire quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant, à savoir lire un texte en direct. Donc, j’ai juste pris très rapidement un texte hier matin avant de venir au Salon. J’ai ouvert mon ordinateur, je suis allée dans le dossier écriture, et juste en cherchant très, très rapidement, j’ai trouvé deux textes. Je les ai pris et je ne m’en souvenais pas vraiment. J’ai pas voulu les lire avant, même dans le train en venant, je me disais « Peut-être que je devrais les lire », et finalement « Non, non, ne les lis pas ». Je les ai juste découverts les lisant, ça s’est passé comme ça. C’est ce que j’ai fait.

C’était vraiment beau.

Oui, c’est ce que les gens m’ont dit.

Merci beaucoup.

Il n’y a pas de quoi.

Paris,

March 27th, 2016

I was not entirely sure who Alexandre Bellenger was when I interviewed him. I had just met him at Salon anti-Aufklärung, the self-publishing fair created by Olivier Nourisson that I co-organised. Alexandre was showing his zines and performing with Romaric Sobac, who might be the weirdest performer ever. As the fair was still calm in the morning, we walked around the corner and did a little street interview.
Hi, hello! How are you?

I’m very fine.

Can you please start by introducing yourself?

I’m called Alexandre Bellenger; I do music; I do paintings, movies, magazines, pictures… I work in the fields of improvised music, fashion… So, I make music, I make movies. At the moment, I’m doing a very long series movie for which I’m posting on Instagram, which are 15-seconds long videos. And they’re, like, kind of modern dancing clownish kind of running gag something. I do this a lot at the moment. I do some paintings, some collages, some concerts, and I also do a magazine, and that’s why I’m tabling at Anti-Aufklärung.

Can you tell us about your publications and what we can find in them?

My publication’s name is My Precious Trash. I’ve been doing this since 1998. It wasn’t called like this at the very beginning, but eventually the final name has been My Precious Trash. So I’ve been doing it since 1998, and there have been, so far, 14 issues, and… What else to tell you? It’s about… It’s about anything; it’s just about my… book of the moment. It can be either a collage, a painting, pieces of paper I’ve found, poetry I wrote, or collaborations with other artists. It can be pictures… Well, kind of. Yeah, that’s it.

Why do you do that?

Why do I do that? Rather than “why,”  say “how.” I started it because I had the opportunity to have a photocopy machine that I could use as much as I wanted to, like, 20 years ago. And it was black and white at the time, and, well, I thought, “There is this machine…” I was already doing some collages and stuff, so I just thought, “Well, maybe it is interesting to use the machine or something like this.” So I just started photocopying some stuff and stapling them together. And then I started distributing the magazine in, like, places I was playing concerts or places I liked, like record shops or things like this. And it was distributed at Colette, the famous shop Colette, like, 15 years ago, and shops in London related to either art or music or fashion. And why do I do this? Because, well, I guess I find some pleasure in doing it, and the other thing that is my first motivation is just I love making things and kind of share them with people.

And how does it work at the Salon so far?

So far, the Salon has been very nice to talk to people, to exchange with people who are also showing their works, and also meeting people who are just coming to visit. And I had the chance yesterday to also do a performance.

That was my next question! I wanted to know about the text that you read.

Yeah, with my colleague, Sobac Mortificatore. We also have been colleagues for something like 20 years. So, yes, we did something yesterday, and normally I would play guitar, electric guitar, or something like this, but there was no amplifier for me – well, there was a microphone. And so yesterday morning I thought, “Well, the microphone…” I did something that I never did. And that also goes back to something you asked before: I like the aspect of taking risks in what I do in general. So yesterday I took the risk of doing something that I’ve never done before, which is to read the text as a live performance. So I just picked it up very quickly yesterday morning before coming to the Salon, I opened my computer, went into the writing file, and just searching very, very quickly, I found two texts. I picked them up, and I just didn’t really remember them. I refused to even read them before. In the train, when I was coming, I just thought, “Maybe I should read them,” and then “No, no, don’t read them.” I just discovered them and read them, and that just happened. That is what I did.

It was really beautiful.

Yeah, that is what people told me.

Thank you very much.

You are welcome.

My Precious Trash #9
Alexandre Bellenger, *My Precious Trash #9*, Paris, Autoédité, 2000, 21 x 29,7 cm, photocopie couleur, 20 pp. Alexandre Bellenger, *My Precious Trash #9*, Paris, Self-published, 2000, 21 x 29,7 cm, color photocopy, 20 pp.
My Precious Trash #13
Alexandre Bellenger, *My Precious Trash #13*, Paris, Auto-édité, 2016, 21 x 29,7 cm, offset, 20 pp. Alexandre Bellenger, *My Precious Trash #13*, Paris, Self-published, 2016, 21 x 29,7 cm, offset, 20 pp.
My Precious Trash #14
Alexandre Bellenger, *My Precious Trash #14*, Paris, Auto-édité, 2016, 21 x 29,7 cm, offset, 8 pp. Alexandre Bellenger, *My Precious Trash #14*, Paris, Self-published, 2016, 21 x 29,7 cm, offset, 8 pp.